Ces figues, pommes… dépassent dans la rue : avez-vous le droit de les cueillir ?
En cette mi-septembre, les figuiers ploient encore sous les fruits mûrs. De quoi donner envie de tendre la main pendant une promenade. Pourtant, cueillir des figues dans la rue n’est pas automatiquement permis, même lorsqu’une branche dépasse d’un jardin ou qu’un fruit semble abandonné. Propriété de l’arbre, emplacement du fruit et éventuel règlement municipal changent la réponse.
Une branche au-dessus du trottoir ne rend pas ses figues publiques
Le principe général se trouve à l’article 547 du Code civil : les fruits naturels appartiennent au propriétaire par droit d’accession. Autrement dit, les figues restent liées à la propriété de l’arbre. Le simple fait qu’une branche privée avance au-dessus de la rue ne transforme pas sa récolte en libre-service.
Il ne faut donc pas détacher les fruits depuis le trottoir, même s’ils sont à portée de main. Grimper, secouer l’arbre, employer une perche ou casser une branche n’est pas davantage acceptable. À la lecture de la règle, la solution la plus simple reste aussi la plus courtoise : demander l’autorisation au propriétaire.
Les fruits tombés chez le voisin constituent une exception précise
L’article 673 du Code civil prévoit que les fruits tombés naturellement des branches avançant sur une propriété voisine appartiennent au propriétaire de cette propriété. Cette exception concerne les fruits tombés d’eux-mêmes chez le voisin, pas ceux encore attachés à la branche d’autrui.
Elle ne doit pas être élargie à tous les fruits visibles depuis l’espace public. Une figue au-dessus d’un trottoir ne devient pas disponible parce qu’elle est mûre, et le passant ne bénéficie pas automatiquement de la règle applicable au fonds voisin. La rue n’est pas votre jardin : en cas de doute sur un arbre privé, on s’abstient ou on obtient un accord clair.
Pour un figuier communal, la mairie garde la main
Un arbre planté dans un parc, un jardin ou sur une voie municipale appartient à la commune. Ses fruits lui appartiennent également, y compris lorsqu’ils tombent au sol. Il n’existe toutefois pas de réglementation nationale générale organisant la collecte des fruits communaux : le maire peut l’autoriser, la réglementer ou l’interdire selon les lieux.
En l’absence de règle communale, le ramassage au sol peut être considéré comme toléré, selon l’analyse de l’Agence technique départementale de la Haute-Garonne. Mais une tolérance n’est pas un droit. Je préfère retenir cette distinction, car elle évite de présenter comme acquise une permission qui peut changer d’une commune ou d’un parc à l’autre.
Avant de prendre une figue, regardez les panneaux à l’entrée, consultez le règlement du site ou interrogez la mairie. Même avec une autorisation, une récolte raisonnable pour sa consommation personnelle n’a rien à voir avec une collecte massive ou destinée à la revente.
À Bordeaux, certains fruits sont accessibles, mais pas partout
La Ville de Bordeaux indique, sur une page officielle mise à jour en mars 2026, la présence d’arbres fruitiers et de « jardins d’abondance » dans plusieurs parcs et jardins. Les fruits y sont présentés comme accessibles aux visiteurs. Cela ne signifie pas que tous les arbres fruitiers bordelais peuvent être récoltés sans vérification.
La réserve écologique des Barails, par exemple, n’est pas accessible au public. Les fruits qui y poussent sont récupérés par les Relais Popote. Mon réflexe de lecture serait donc de vérifier le statut du lieu précis, plutôt que d’appliquer à toute la ville une indication donnée pour certains espaces.
Mi-septembre, la saison rend les figues difficiles à ignorer
La figue est généralement de saison de juillet à septembre. À la mi-septembre, la fin de l’été explique l’abondance de fruits mûrs et parfois leur chute rapide. Cette profusion ne modifie pourtant pas les règles de propriété.
Si le ramassage ou la cueillette est explicitement autorisé, choisissez un fruit intact, éloigné des déjections animales et des souillures. Rincez-le, puis consommez-le rapidement. Lors d’une cueillette permise, prenez aussi garde au contact avec la sève : ce rappel sur les précautions autour de la sève du figuier et du soleil permet d’éviter un geste trop désinvolte.
Une fois les fruits obtenus légalement, ils peuvent rejoindre ces quatre recettes aux figues pour l’apéritif. Mais la gourmandise commence par une question toute simple : à qui appartient l’arbre ?
La règle simple à retenir avant de tendre la main
On ne cueille pas un fruit encore attaché à l’arbre d’autrui sans autorisation. Pour un arbre communal, on vérifie le panneau, le règlement local ou la réponse de la mairie ; pour un arbre privé, on demande au propriétaire. Ainsi, cueillir des figues dans la rue peut être possible dans un lieu qui l’autorise, mais jamais sur la seule impression que le fruit est accessible. Il s’agit d’une règle générale, pas d’un conseil juridique adapté à une situation particulière.
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