Bordeaux
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l'apéro est offert par les vignerons de bordeaux et bordeaux supérieur

Apéro Bordeaux

Portrait de Jacques de Pontac pour Château Peychaud

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Un portrait réalisé par Mathieu Noli pour la revue L’Amateur – The Wine Lovers


De
prime abord, c’est un château comme il en existe tant d’autres dans le
bordelais. On accède à Peychaud par une petite route cabossée qui
s’extrait péniblement d’une des nombreuses départementales irriguant
l’agglomération bordelaise, un ogre dont la pression se fait
particulièrement sentir dans ce vignoble de l’entredeux Mer.


Qu’importe,
entrons car le maître des lieux, le comte Jacques de Pontac, 68 ans,
nous y invite. D’emblée, ce qui attire l’attention, c’est
l’exceptionnelle hauteur de plafond. Bien sûr, ça et là, la peinture
est un peu écaillée, mais le visiteur ébahi est immédiatement saisi par
la magnificence du lieu. Puis il jette un oeil aux portraits qui ornent
l’un des murs. Tiens, mais ce regard malicieux évoque quelqu’un de
connu. Mais oui !
peychaud.jpg


C’est Voltaire, l’un des ancêtres de notre hôte.
Cela étant, s’il a hérité de la finesse et de l’humour du maître,
Jacques de Pontac préfère évoquer un autre aïeul : « cette propriété
est dans la famille depuis plus de quatre siècles, mais c’est mon
arrière-grand-père, l’amiral Charles de Dompierre d’Hornoy, Ministre de
la Marine en 1870 qui l’a restaurée », assure le comte. « Il en a
profité pour faire renaître le vignoble ». Après tout quoi de plus
normal quand on songe que Jean de Pontac a fondé le domaine Haut-Brion
en 1550. Et que son descendant, Arnaud, a inventé la notion de cru un
siècle plus tard.


Ainsi, pendant quelques années, les marins
français s’abreuveront à la source ministérielle : le château Peychaud,
reconnaissable à son étiquette bleu clair. Mais enfin, qu’est-ce qui a
bien pu pousser son arrière-petit-fils à s’impliquer avec tant de
passion dans ce domaine ? Agent de change reconnu, financier respecté
par ses pairs, qu’estce donc que Jacques de Pontac est allé faire dans
cette galère ? « J’ai hérité d’une propriété en ruine et d’un vignoble
en voie de disparition en 1983. Je me suis juré de remettre en état
l’une et de commercialiser le produit de l’autre. Mais je n’avais pas
prévu que la crise des vins de Bordeaux débouche sur une situation où
le prix de vente du château Peychaud en vrac correspond à la moitié de
son coût de revient ».
S’il n’y avait que cela… Car le comte Jacques
de Pontac et son frère Xavier ont également hérité du premier des
seconds crus classés de Sauternes, le château Myrat. En réalité, ils
ont reçu un terrain vague car en 1975, leur père
avait décidé
d’arracher la totalité du vignoble. L’affaire avait fait grand bruit. «
En 1988, nous avons pris la décision de replanter », lance Xavier de
Pontac. « En six mois, nous avons replanté 150.000 pieds ! ». Un
travail de titan qui ne commence à porter ses fruits que depuis la
seconde moitié des années 1990. Et encore : « Myrat nous coûte un peu
d’argent les bonnes années », glisse Xavier. Délicieux euphémisme.
Mais
alors, une fois encore, pourquoi prendre autant de risques ? Son frère
banquier intervient : « le Sauternes, c’est omme la sidérurgie, ce
n’est qu’au bout de vingt cinq ans que l’on se rend compte si cela a
marché ou non Franchement, que voulez-vous ajouter après cela ?

Contact  Suzanne Méthé
degustation@lamateurdevin.com
01 44 05 50 25 – www.lamateurdevin.com
 

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